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La résidence d'Ifriqiyya Électrique

22-26/10/18
Création Musique Rewind Publié le 12/11/2018

Durant les vacances de la Toussaint, François Cambuzat (ex-Enfance Rouge) a peaufiné son nouveau projet : recréer sur scène un rituel de possession tribal.
Il était accompagné d'une bassiste, de machines, de vidéos et de trois musiciens traditionnels tunisiens, avec lesquels il a rencontré les enfants de l'accueil loisirs et partagé la vie de l'Antipode MJC !

Il reviens sur la genèse du projet et l'importance des résidences de créations.

 

La curiosité, puis la brièveté, l’éphémérité de la vie. Notre temps est signifié. Depuis tout jeune, je voulais voyager, loin (à douze ans, le Transsibérien de Cendrars et  l’Asie de Ravel ont beaucoup comptés) et j’avais individué l’écriture et la musique pour être indépendant, sans patron, sans maison. Je viens du punk, des musiques extrêmes, du flamenco et du rumorisme le plus ardu.

L’Ifriqiyya Electrique à la base n’était pas un groupe, mais un deuxième volet d’étude de Gianna Greco et moi-même autour des musiques d’élévation, commencé tout d’abord au Xinjiang ouïghour avec les shamans et les dolans.
Cette fois-ci nous apprenions à parler aux démons (rûwâhînes) avec l’aide de la communauté Banga du Djérid, désert de sel du Sahara tunisien.
Juste après la publication d’extraits vidéos de notre film, de nombreux festivals (FMM, Womad, Roskilde…) signifiaient leurs intérêts pour avoir cela en concert, et c’est seulement à ce moment-là que le projet s’est théâtralisé, devenant alors un groupe musical.

En très peu de temps au mois de mai 2016, il fallu donc faire un étalonnage audio du matériau pour restitution en concert (et non plus en rituel). Nous étions au fin fond du désert, avec une toute petite sono dont la puissance était largement dépassée par les tshektshekas (percussions métalliques) et les tablas (tambours) de la Banga.
Et c’est avec ce travail fait avec les moyens du bord que l’Ifriqiyya Electrique joua tous ses concerts de 2017 et 2018 (Sziget, Womex, Vieilles Charrues, Nuits Sonores…).

L’album du groupe publié par Glitterbeat Records fut classé 4ème au Transglobal World Music Chart USA puis 6ème au World Music Charts Europe, avant la diffusion d'un concert sur Arte. Nous devions alors préparer le deuxième album, nous demandant comment et surtout où travailler ce nouveau matériel pour sa diffusion scénique.

L’opportunité de faire ce travail à l’Antipode fut salvatrice. Nous pouvions ainsi tout expérimenter sur un bon système audio, épaulé par une équipe efficace.  Les journées furent longues, minutieuses, luxueuses. Mais en fin de semaine, 2019 était fin prêt.

Je tiens à remercier encore une fois L’Antipode. Je n’habite pas en France depuis très longtemps. Et malgré la destruction lente et assurée de l’état social si les français.e.s ne se bougent toujours pas, ces dernier.e.s ont encore le cul bordé de nouilles : de telles aides n’existent nulle part ailleurs. Merci.

À Tunis, pendant la révolution, j’avais lu ce graffiti sur un mur : « Suivre les étoiles. Pour ne pas fini comme un poisson dans un bocal. » Cela m’avais fait penser à « la résignation, mon ange, est un suicide quotidien » de Balzac.

Ifriqiyya Electrique est soutenu par l’Institut Français de Tunisie.
Résidence en partenariat avec Wax Booking et La Carène.

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