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En résidence avec Laura Perrudin

Du 26 au 30/10/2019
Musique Photographie Résidence Publié le 18/11/2019

Au delà des concerts, la scène de l'Antipode est très souvent réservée pour les artistes qui souhaitent travailler pendant plusieurs jours dans des conditions scéniques réelles. 
Cette saison dans le magazine, nous vous proposons de rencontrer les artistes pendant leurs heures de boulot, pour comprendre ce qu'il se passe vraiment derrière les portes fermées. Que font-ils vraiment en dehors des concerts ?  Est-ce qu'ils ont un bureau ? Travaillent-ils seulement la nuit ? Nous tenterons de vous répondre ici.

 

Du 26 au 30 octobre 2019, Laura Perrudin et son nouveau quintet du nom de Doksha (avec Thibault Florent, Gérald Chevillon, Ronan Courty, Arthur Hnatek) étaient installés dans la salle pour une semaine de résidence afin de finaliser les répétitions et offrir leur tout premier concert. Rencontre et interview avec l'artiste :

Bonjour Laura, merci de nous accorder ce temps, peux-tu te présenter ?

Laura : Je m'appelle Laura Perrudin, je suis musicienne, je joue de la harpe, je chante, je fais de la musique électronique et j'écris des chansons.

Rien que ça. Est-ce que tu peux nous présenter ton nouveau projet Doksha ?

L : J'étais beaucoup plus concentrée sur des projets solos ces dernières années, je repars ici sur un tout nouveau projet de groupe.
C'est un projet assez particulier puisque cela fait maintenant deux ans que je travaille dessus. Je l'ai conçu sur le constat que j'aime travailler sur des matières sonores créés sur l'instrument, c'est à dire utiliser des objets détournés de leurs fonction initiale pour les utiliser sur les instruments, et ainsi créer des sons qu'on ne pourrait pas faire autrement. Comme utiliser une aiguille à tricoter dans une harpe, ou un cintre sur une contrebasse.

J'utilise beaucoup ces procédés dans mes solos pour créer des matières sonores et je voulais le faire à l'échelle d'un groupe. Avec des gens qui ont aussi déjà fait ce travail de recherche sur l'instrument, qui s'intéressent à la production du son mais qui cultivent également un groove, une musique répétitive, une transe. L'idée c'est de faire une musique qui est produite mais complétement live, électro-accoustique mais à la fois très éléctrique, mais quand même très accoustique.

Ensuite je les ai tous samplé, les uns après les autres, en session individuelle, je suis arrivé avec de quoi les enregistrer sous toutes les coutures. Je les ai fait jouer de leur instrument de plein de façons différentes, avec des attentes précises mais en étant attentive à leur propre recherche. Je les ai un peu torturé mais ils étaient contents, ça leur allait très bien. À partir de ces enregistrements, je me suis fabriqué des banques de sons que j'ai utilisé dans des montages ! C'est comme ça que j'ai construit ce répertoire de chansons.

Pour m'entourer, c'était un casting super particulier. Il y avait des musiciens avec qui j'avais déjà joué, d'autres non. C'est des gens qui ont développé un son et des jeux très spéciaux. Ils sont donc très difficiles à remplacer quand ils ne sont pas dispos. Je leur ai cousu une partition sur mesure, je voulais leur palette de son mais je voulais entendre cette palette sur ma musique. 

Où en êtes-vous dans la création de Doksha ?

L : C'est notre deuxième période de création. Nous avons aussi passés quelques jours à l'Astrada de Marciac, qui est également co-producteur de cette création.
Pendant ces deux périodes nous avons monté un répertoire qui, je pense, est prêt à tourner. Aujourd'hui (mercredi 30 octobre) on tourne une vidéo pour immortaliser cet instant, et nous faisons notre première ce soir à l'Antipode avant une date à Tempere en Finlande puis Paris et Nantes début 2020.

Peux-tu nous dire ce que vous avez travaillé concrètement pendant ces 4 jours ?

L : Nous étions dans une phase de peaufinage, le gros du taf de construction a été fait avant d'arriver. Nous avions un set presque prêt donc nous avons surtout travaillé le son en façade pour affiner les timbres qu'on voulait. Il fallait travailler également l'enchaînement des morceaux, trouver un rythme dans un set complet.
Il fallait aussi jouer jouer jouer pour que les gars arrivent à s'emparer du répertoire et que cela devienne le plus vivant possible. Le but étant de donner l'impression qu'on a déjà fait plein de concerts alors que non [rires] ! C'était aussi l'occasion de proposer de nouveaux matériaux si on veut étendre le set actuel.

Qu'est ce que l'Antipode vous apporte sur une résidence comme celle-ci ?

L : Déjà c'est des conditions techniques de travail qu'on pourrait pas avoir seuls, un plateau, un système son, tout ce qui fait une salle quoi. Cela nous permet de travailler en conditions de live, rien que ça c'est hyper important.
C'est aussi la mise en lien avec les équipes, les relations avec les professionnels de la salle, cela permet de faire connaître le projet, et puis ça permet d'avoir des retours !

Merci Laura, et à bientôt non ?!

L : Oui, je reviens début 2020 à l'Antipode pour travailler, mais mon projet solo cette fois-ci !

Laura Perrudin est accompagnée sur plusieurs projets tout au long de la saison, et sera à l'affiche du Court Circuit (9 concerts dans 9 lieux en 3 jours) en juin.

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